22.05.2009
Universités: les blocages s'achèvent, pas le conflit
«Je comprends ceux qui sont inquiets pour leurs examens, mais nous ne pouvons pas lâcher maintenant. Sinon, nous donnons un mode d'emploi au gouvernement pour les conflits à venir: faire durer le mouvement jusqu'à mai pour que les profs reprennent les cours et signent la fin de la mobilisation.» C'est l'inquiétude que confiait début mai à «20 Minutes» Bruno Truchet, enseignant-chercheur et élu Snesup à l'université de Provence, est-elle devenue réalité?
Le déblocage, mardi, des universités parisiennes en pointe de la contestation universitaire depuis quatre mois, dont l'emblématique Sorbonne, marque en effet un tournant dans le mouvement des étudiants et enseignants-chercheurs. Dans les assemblées générales, la balance a fini par pencher en faveur de la tenue des examens, le ministère et une majorité de présidents d'universités refusant les solutions alternatives telles que la neutralisation du semestre ou sa validation automatique.
Six universités encore très perturbées
Pour autant, la contestation qui dure depuis seize semaines ne paraît pas stoppée, et il n'est pas encore certain que les examens se tiennent dans tout le pays. «Malgré la tendance à la reprise des cours qui est générale, il subsiste quelques perturbations», a reconnu Valérie Pécresse ce mercredi à l'Assemblée nationale, citant les cas des universités de Caen et d'Amiens, toujours bloquées.
«Point fort» de la contestation, selon le ministère de l'Enseignement supérieur, Toulouse-II Le Mirail reste également bloquée, à l'instar de certains départements- en général de lettres et sciences humaines - des universités d'Aix-Marseille-I, Nancy-II et Reims (lire encadré).
Les modalités d'examens en discussion
Et quand bien même les blocages sont levés, de gré ou de force, les discussions sur les modalités d'examens sont encore nombreuses, comme à Grenoble-III, Paris-X, Lyon-II. «Tout n'est pas fini. Il est possible que des groupuscules viennent perturber la reprise des cours et les examens, entraînant l'annulation de certaines épreuves», s'inquiète ainsi l'UNI.
Si le syndicat étudiant (à droite) estime que ces poches de résistance ne relèvent plus d'un problème universitaire mais d'ordre public, les signes de désaccord entre la communauté étudiante et enseignante et la ministre persistent.
Des professeurs de Paris-III, Paris-IV ou de l'Université de Strasbourg ont fait savoir qu'ils avaient accepté la reprise des cours «pour sortir du piège des examens», tout en ajoutant: «Nous ne céderons pas!» sur les réformes. Malgré les gestes successifs du gouvernement (concessions sur le décret du statut des enseignants-chercheurs, reculs sur la formation des enseignants, bourses maintenues pour les étudiants dont les examens sont reportés...) des inquiétudes subsistent.
Rendez-vous en septembre
Plus globalement, le conflit a révélé une crise profonde. «Quelle que soit l'issue du mouvement, le problème de l'université ne sera pas réglé», déclarait fin avril dans «Le Monde» le philosophe Marcel Gauchet, qui a été depuis l'un des 29 premiers signataires du «Manifeste pour refonder l'université française». Au menu de ces refondateurs, dont le premier débat s'est tenu ce mercredi: apporter des réponses à l'échec élevé en licence, à la concurrence des grandes écoles ou aux problèmes de gouvernance des universités.
L'Unef, syndicat étudiants (à gauche), appelle ainsi à inscrire le mouvement dans la durée et à participer massivement aux deux journées de mobilisation le 26 mai et le 13 juin. D'autres voient plus loin et visent déjà la rentrée de septembre pour reprendre le flambeau de la contestation.
11:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pecresse, université, blocage
04.05.2009
Valérie Pécresse refuse de valider automatiquement les diplômes
Le bras de fer sur l'organisation des examens d'université se durcit. Dans une interview au « Journal du Dimanche », la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a affirmé qu'il n'est « pas question » de valider automatiquement des semestres alors que les enseignements n'auraient pas été délivrés normalement dans les universités. Selon elle, si étudiants et professeurs rattrapent les cours dès maintenant, il sera possible de passer les examens avant l'été. Une trentaine d'universités ont d'ores et déjà démarré les rattrapages, indique le ministère de l'Enseignement supérieur. Mercredi dernier, la Coordination nationale des universités (CNU), réunie à Paris-IV, avait officiellement appelé à ne pas organiser la tenue des examens « jusqu'à la satisfaction de ses revendications ». Un appel condamné par la Conférence des présidents d'universités (CPU), qui refuse de sacrifier l'année des étudiants. Le fonctionnement d'une vingtaine de facultés est affecté par la fronde universitaire, soit quelque 400.000 étudiants qui ne sont pas assurés de pouvoir passer leurs examens. La Fage, deuxième organisation étudiante, a, quant à elle, condamné cet appel estimant que « la fin ne justifie pas les moyens ». Dans le même temps, la « Ronde infinie des obstinés », marche de protestation permanente, lancée par les enseignants de l'université Paris-VIII depuis le 23 mars sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris, a effectué sa 1001e heure hier soir. La Ronde a aussi été mise en place, ponctuellement, dans d'autres villes de France comme Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lyon ou Strasbourg.
14:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pécresse, université, occupation, fac
24.04.2009
Université Lyon-II: la présidence occupée
Environ soixante dix étudiants de l'université Lyon-II ont interrompu aujourd'hui le conseil des études et de la vie universitaire avant d'occuper une salle de la présidence où ils comptaient passer la nuit, a-t-on appris de sources concordantes.
Selon une étudiante en sciences économiques, et membre de la Fédération syndicale étudiante (FSE), Julie Ckuentz, quelque 70 étudiants ont demandé lors de cette réunion "que soient validés les crédits du second semestre" afin que chaque étudiant obtienne son diplôme.
La séance a alors été levée et des échauffourées ont eu lieu entre des membres de la présidence, des vigiles et les étudiants, ont indiqué Melle Ckuentz et un porte-parole de l'université.
Les étudiants ont alors décidé d'occuper cette salle du conseil, où ils ont prévu de passer la nuit de vendredi à samedi. Le président de l'Université a annulé le conseil d'administration prévu à 14H00.
Un vote à bulletin secret doit avoir lieu lundi à Lyon-II. Selon un porte-parole de l'université, la question posée aux 30.000 votants (étudiants, enseignants, personnels), sera: "êtes-vous favorable à la levée du blocage ?".
Les étudiants grévistes ont annoncé qu'ils boycotteraient le scrutin.
Deux des trois universités lyonnaises sont bloquées, au moins partiellement, depuis plusieurs semaines, en réaction à la loi Pécresse de réforme de l'enseignement supérieur.
15:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pecresse, lyon, université, occupation
15.04.2009
Achat de diplôme à la fac de Toulon?
La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a annoncé avoir demandé une enquête administrative sur les conditions de délivrance des diplômes à l'université de Toulon, "en particulier aux étudiants étrangers", confirmant une information du quotidien "Le Monde" daté de jeudi. Ce dernier précise que le parquet de Marseille a ouvert une enquête fin mars.
Mme Pécresse précise dans un communiqué avoir demandé à l'Inspection générale de l'administration de l'Education nationale et de la Recherche (IGAENR) de "conduire une enquête administrative et faire toute la lumière sur les conditions de délivrance de diplômes, et en particulier aux étudiants étrangers, à l'université de Toulon". "Un premier rapport est attendu dans les dix jours", ajoute-t-elle.
"Si des pratiques délictueuses étaient avérées dans d'autres universités, la ministre prendrait de la même manière les mesures qui s'imposent sur la base des recommandations de la mission d'inspection", poursuit le communiqué. Selon "Le Monde", l'affaire concerne "plusieurs centaines d'étudiants chinois inscrits à l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de l'université de Toulon", qui "auraient versé de l'argent pour se payer des diplômes".
L'affaire "est née au cours de l'année 2004-2005", précise "Le Monde", et les autorités administratives, judiciaires et universitaires ont été alertées fin 2008, après le dépôt d'une main courante par deux étudiants chinois. Le "faux" diplôme serait facturé 2.700 euros pièce, selon la même source.
14:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pecresse, toulon, fac, achat diplome


